Discours d'ouverture
Allocation du Professeur Amadou TOURE, Ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique
Madame le Recteur de l'Université de Bamako,
Professeur Diola Bagayoko, Président d'Honneur du
Symposium Malien des Sciences Appliquées,
Professeur Sylvester James Gates, Invité Spécial,
Messieurs les Doyens des Facultés et les Directeurs
des Grandes Ecoles,
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues,
C'est une insigne honneur pour moi de passer avec vous les premiers
moments de cette importante rencontre de chercheurs d'Afrique et d'ailleurs à
Bamako,
C'est autant plus propice, que pour la première fois
depuis longtemps, le Mali dispose à nouveau d'un Ministère chargé
des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique.
Le symposium Malien sur les Sciences Appliquées que le Ministère de
l'Education Nationale a pris en charge dans le passé est un modèle de
partenariat unique entre le mouvement associatif, société civile, et le
gouvernement, entre public et privé. Il a été totalement conçu
et exécuté par les chercheurs maliens de l'intérieur et de
l'étranger, en collaboration avec leurs collègues.
Le cheminement du MSAS depuis la première édition
d'août 2000 montre une étonnante régularité et constante
malgré la précarité des moyens de son organisation. En fait, sa
continuité est encore davantage due à la détermination et à
la créativité des organisateurs et des participants qui consentent tous
d'énormes sacrifices pour réaliser cette rencontre tous les deux ans.
Ainsi, nous nous retrouvons aujourd'hui pour la cinquième édition du
Symposium Malien sur les Sciences Appliquées.
Le programme que nous avons reçu des organisateurs
donne une idée de la grande diversité des disciplines et thèmes
concernés. Ces thèmes ressortissent aussi bien aux sciences naturelles
qu'aux sciences sociales. Cette variété, j'allais dire cette richesse,
reste importante dans un contexe qui ne favorise pas l'échange entre les
chercheurs de structures différentes à l'intérieur même de
Bamako ou du Mali. Le programme montre assi la grande diversité des institutions
africaines et internationales représentées, et c'est un mérite que le
MSAS contribue ainsi à l'expansion du réseau universitaire entre les
individus, aux niveaux régional et international. Cette ouverture de
l'université malienne à l'extérieur est la seule voie pour
apprendre et profiter des expériences vécues ailleurs. Et les
participants ici présents sont les principaux acteurs et promoteurs, à
titre individuel et instititutionnel.
Parmi les nombreux thèmes de cette année, je vous
invite à considérer trois :
Le premier thème est relatif à la situation de
l'agriculture au Mali notamment les progrès enregistrés dans ce secteur.
Le second porte sur le renforcement des relations entre
l'université et l'industrie :
Comment résoudre les problèmes urgents auxquels
l'actualité et la réalité nous confrontent, ceux-là qui ont
déjà fait l'objet de travaux soutenus dans les éditions passées
du Symposium ? C'est à dire, les problèmes d'approvisionnement
énergétique et alimentaire. C'est tout à l'honneur des collègues
chercheurs qui se consacrent aujourd'hui à la quête d'une culture de
l'exellence et qui se dévouent à l'étude des problèmes
sur le long terme afin d'y apporter des solutions durables.
Le troisième thème enfin, tout aussi pertinent que
les autres, est la palce de la femme africaine dans la recherche scientifique et
technologique.
Ici, les problèmes sont assez connus, un défi
démographique avant tout, avec la faible présence des filles dans les
séries scientifiques dès le cycle secondaire, ce qui se traduit par un
nombre réduit d'étudiantes poursuivant des carrières en sciences
et techniques.
Malgré ces écarts, mes femmes sont présentes
dans la recherche au Mali et celles qui poursuivent leurs carrières jouent un
rôle crucial dans la motivation des jeunes filles et des jeunes femmes
à poursuivre des études scientifiques, à rêver de devenir
des chercheurs et inventeurs aussi.
Tous ces débats appellent nécessairement à
une réflexion plus approfondie sur la structure universitaire que nous voudrions
voir émerger. Il s'agit d'une université d'hommes et de femmes, une
université de nos besoins comme le préconise le Président
Amadou Toumani TOURE dans son Programme pour le Developpement Economique et Social,
et comme la rappelé le Premier Ministre Modibo Sidibé dans sa
Déclaration de Politique Générale
En effet, l'universit´ malienne est très jeune
et ses bases encore fragiles, et toutes les contributions sur l'organisation, le
programme, l'administration et les relations humaines au sein de l'institution
universitaire sont extrêmement utiles. Je pense que c'est là aussi un
mérite appréciable d'une rencontre régulière comme le MSAS
de pouvoir rassembler les compétences nationales et internationales pour
échanger sur des questions que les structures universitaires ont en
partage, qui ne sont pas l'apanage d'unb pays et d'une région. Même
si, comme d'habitude, les crises et urgences structurelles sont plus aigues chez
nous en Afrique. Les concertations préliminaires en cours pour l'organisation
d'un Forum national sur l'éducation illustre la prise de conscience
générale de la gravité de la situation et de la
détermination des autorités maliennes à construire voire à
renforcer le système éducatif sur des bases plus saines.
Vous voyez donc la pertinence de ce cadre d'échange,
d'anticipation et d'action concrète, en plus de l'activité
spéculative qui sous-tend la recherche de base en général.
J'espère que la présente rencontre renforcera davantage les liens
de coopération entre les individus et les institutions, contribuera à
promouvoir la poursuite du savoir sans sacrifier la chaleur humaine.
Sur ce point surtout, j'espère que nos hôtes auront
l'occasion de sentir l'esprit d'accueil de la société malienne,
la présence directe de sa culture diverse et unie. J'espère que les
chercheurs et étudiants locaux les aideront pleinement dans ce sens... Car le
premier apport du Symposium reste, avant tout, l'honneur que vous nous faites en
venant à nous, surtout par solidarité, malgré vos occupations
et emplois de temps chargés. Je pense surtout au Professeur Sylvester James
Gates qui, depuis 2004, a fait le voyage de Bamako pour encourager les chercheurs
maliens et africians à poursuivre leurs efforts, en dépit des
contraintes. Aussi pour réistérer le rôle crucial des pouvoirs publics
dans la promotion de la science, et surtout pour faire comprendre que la
recherche scientifique et technologique est un investissement rentable et qu'elle
est le seul capable d'affranchir les peuples et leurs économies des
aléas naturels. Je voudrais rendre hommage au président d'honneur du
Symposium, le professeur Diola Bagayoko dont nous apprécions l'engagement
continu et depuis quelque temps la charge qui est la sienne d'orienter la
réflexion nationale sur l'enseignement supérieur, dans le cadre de la
préparation du Forum national sur l'éducation.
Distingués participants du Symposium,
Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,
En souhaitant à vous tous et à vous toutes la
bienvenue au Mali et en espérant productives vos journées, je
déclare ouverts les travaux du cinquième Symposium Malien sur les
Sciences Appliquées.
Je vous remercie.